Lydie Murolo

 

 
 

is a French photographer
based in Lyon

 
 

 
 
 

Je m'appelle Lydie.
Je suis née en 1979, dans la ville de Lyon, en France.

Je travaille à l'instinct.
Tout mes projets sont uniques, en fonction de ce que je ressens avec le ou la modèle. De ce fait, créer une série m'est compliqué.
J'ai du mal à me présenter en tant que photographe. 
Je ne sais pas si j'arriverai un jour à me sentir crédible, légitime.
Ce que je sais, c'est que la photographie m'est vitale, elle est aujourd'hui ma fenêtre. 
Elle me permet aussi d'aller vers les autres en étant moi même, car par elle, j'ose éxister et dire ce qui m'est, aujourd'hui encore, parfois difficile d'exprimer.
Lisez le reste du text de Lydie après les photos.

Link to English text at the end.

 
 
 
 
 
 

Je m'appelle Lydie.
Je suis née en 1979, dans la ville de Lyon, en France.

Je grandi dans une cité lyonnaise.
Mon enfance et une bonne partie de mon adolescence sont plutôt solitaires.
Je lie néanmoins quelques amitiés, avec des personnes qui me ressemblent un peu, dont une à l'adolescence, celle qui sera pour moi la plus marquante.
Les enfants me trouvent étrange et jugent mon physique ingrat. Les enseignants me disent perdue dans mes pensées, en retrait.
Communiquer avec les autres m'est compliqué.
Les enfants, puis les jeunes de mon âge me font peur, je ne comprends pas leurs codes.

A l'occasion d'une sortie scolaire dans un musée, alors que j'ai 8 ans,je découvre les statues greques.
Je me souviens encore de l'émotion qui me traverse.
Je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens.  
Je me mets alors à dessiner, de manière frénétique, des personnages, des visages, des corps.

A 10 ans, je découvre la peinture, par le biais d'une image d'un odalisque.
Mon second émoi. 
Cette même année, je commence à écrire de la poésie, un intérêt communiqué par ma mère qui en écrit elle même.
Je passe ainsi mon enfance à découper des images de peintures, de corps, de visages, à dessiner, écrire, écouter de la musique, et chanter avec mère.
Les professeurs repèrent mon style littéraire , puis me font participer à des petits concours de poésie au collège que je remporte et qui sont exposés à la bibliothèque.

A 13 ans je suis interpellée par de jeunes adultes qui, ayant entendu parler de mon aisance pour l'écriture, me demandent d'intégrer mon premier groupe de musique en tant que parolière, puis chanteuse après m'avoir entendue fredonner lors d'une répétition.
En parallèle, je pousse plus loin ma curiosité pour la peinture. 
Je découvre les visages et les corps de T.Lautrec, Rubens, et M.Ange, les mondes de S.Dali et G.Klimt, les lumières de L.de Vinci, Rembrant...
Je découvre aussi l'univers de la mode lors d'une diffusion télévisée d'un défilé.
Réalisant alors mon attrait pour la matière, les lignes, j'approfondis également ce côté ci, et Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler, Alexander McQueen sont ceux qui m'inspireront plus tard.

A 14 ans et demi, je quitte le collège, les difficultés relationnelles que je rencontre avec mes camarades ne me permettent pas d'étudier sereinement, de plus, je m'y ennuie.
Je choisis donc de m'orienter vers un lycée professionnel dans une section de couture, avec pour objectif de devenir Styliste.
C'est la rentrée scolaire, et la directrice de l'établissement fait le tour des classes pour nous accueillir et mieux connaître notre projet professionnel. 
Lorsque mon tour vient, je lui explique le rêve qui m'anime, celui de devenir Styliste.
Sa réponse est cinglante : "Faut pas rêver." 
Je comprends alors que nous sommes destinées à être ouvrières dans des usines textiles.

Au terme de deux années d'apprentissage, après avoir travaillé pendant l'été pour aider ma mère à financer mon projet et réussi mon entretien d'entrée, j’intègre une école privée dans la section Styliste/Modéliste. 
Je dédie alors toute mon énergie à mes études, je travaille très dur, jusqu'à arriver à être première de ma section.

L'école doit fermer. 
Je démarche alors d'autres établissements, et l'un d'entre eux, à la vue de mes résultats, me propose de me dispenser de deux années de formation. 
La reconnaissance du travail que j'ai fourni est belle, mais la situation financière du foyer est difficile en dépit de nos efforts, et les frais de scolarité de ce nouvel établissement encore plus élevés que le précédent. 
Je sollicite alors un organisme spécialisé afin d’obtenir une bourse.
L'histoire se répète, j’entends une nouvelle fois ce : "Faut pas rêver" et que compte tenu de ma classe sociale, "Il ne faut pas avoir la folie des grandeurs". 


PHOTOGRAPHER'S IG
@lfatmospheres


MODELS
Belle
Dew Tullamore
Enthéa
Isalou Emy
L.
Lily Moriarty
Soon D_Lys
Xylia
Yu
Lala & Dakota Langlois

 

Je vais mal.
J'ai 18 ans, je donne naissance à mon premier enfant.
Je multiplie les stages et petits boulots, entre serveuse, assistante de mise en scène, de communication...
Je m'accroche à la vie, à ma fille. 
Je cherche à crée cette cellule familiale et ce climat financier rassurant qui m'ont jusqu'alors fait défaut.. 
Je comprends que ce que je veux n'est pas important .
Je peine à survivre au regard des autres, je trouve alors refuge dans la poésie, mon fidèle exutoire.
Cinq ans plus tard je donne naissance à mon second enfant, après avoir fuit la maltraitance.
Je reprends la peinture, le dessin mais la poésie reste toujours mon refuge.
C'est alors que je rencontre le directeur du Cercle Littéraire Rhône Alpes qui me prend immédiatement sous son aile.
Au terme d'une année de travail, mon premier recueil de poésie est édité. Puis deux ans plus tard, le second.
 
J'ai 25 ans, je n'ai toujours pas de "vrai travail".
Puis un jour, au hasard d'une rencontre, j'ai l'opportunité d'intégrer un cabinet d'assurance.
Les rêves sont étouffés mais j'offre enfin une sécurité financière à mes enfants, et leurs premières vacances au bord de la mer; les années passent.
Je reprends la musique entre temps avec celui qui sera mon compagnon pendant 8 ans, et deviens batteur.

J'ai 31 ans, je tombe malade. 
Ma santé est fragile, mais cette fois, c'est plus sérieux.
Je ne peux plus marcher, mon corps tout entier me fait mal.
Il faudra plus de deux ans, et l'hospitalisation "de la dernière chance" pour que mon corps récupère la majeur partie des ses facultés motrices.
Les médecins comprennent que la rémission n'est pas possible sans que je découvre l'intérêt de vivre pour moi même.

Ma vie a depuis été bouleversée, parfois dans la douleur, parfois dans la découverte de moi même.
Des fenêtres se sont fermées, peut être pour en laisser d'autres s'ouvrir ?

Il y a cinq ans, je commence à poser en tant qu'amateur afin de poursuivre mon travail sur l'estime de moi.
Je me rends compte rapidement qu'au delà de ce travail, créer m'importe davantage que le fait de poser.
Et puis, il y a deux ans et demi, un photographe, croyant en mon potentiel, me prend lui aussi sous son aile durant sept mois afin de m'apprendre les bases de la photographie.
Un an et demi plus tard, je suis invitée à présenter mes travaux en vidéo-projection à un rassemblement photographique se tenant à Dijon, en France, où il m'accompagne.

Voilà trois ans que j'ai fait ma première image. 
J'ai fais l'expérience de l'humain dans ses recoins les plus sombres, mais aussi les plus lumineux au fil de rencontres qui m'ont bouleversée.
Mon petit boitier et moi tentons de vous montrer des personnes qui me touchent, la manière dont je les vois, au delà de leur physique, au delà des normes, et comment nos histoires respectives peuvent se rencontrer le temps d'une séance photo.
Elles parlent aussi de mon regard sur le monde, et de ma vie intérieure. 

Je travaille à l'instinct.
Tout mes projets sont uniques, en fonction de ce que je ressens avec le ou la modèle. De ce fait, créer une série m'est compliqué.
J'ai du mal à me présenter en tant que photographe. 
Je ne sais pas si j'arriverai un jour à me sentir crédible, légitime. 
Ce que je sais, c'est que la photographie m'est vitale, elle est aujourd'hui ma fenêtre. 
Elle me permet aussi d'aller vers les autres en étant moi même, car par elle, j'ose éxister et dire ce qui m'est aujourd'hui encore, parfois difficile d'exprimer.

Lorsque l'on m'a demandé de rédiger ma biographie, je ne savais quoi écrire.
Je n'ai pas fait de grande école de photographie, je n'ai pas remporté de prix...
Et puis, j'ai réalisé que la meilleur manière de vous parler d'elle était de vous raconter mon histoire.